Murielle Chatelier
Le Nouvelliste
Port-au-Prince, Haïti
Les femmes qui se déshabillent dans les productions artistiques et publicitaires font généralement ce choix de plein gré. Pendant que le ministère à la Condition féminine et aux droits des femmes s’inquiète de plus en plus des stéréotypes sexuels véhiculés par les médias, des milliers de femmes continuent de crever de faim, d’enfanter à la chaîne, d’être analphabètes et d’être victimes de violence. Où sont les priorités ?
Une campagne de sensibilisation contre l’exploitation du corps de la femme est lancée. Des séances de formation seront même dispensées aux patrons des médias, aux journalistes culturels et aux réalisateurs de vidéoclip. Tous des gens qui ont le ventre plein chaque jour, qui ont un abri au-dessus de la tête et qui ont le temps - et les moyens - de s’adonner à ces « amusements ».
Aujourd’hui, entre Delmas 79 et 75, une femme est assise à même le trottoir, les seins dehors. L’un de ses mamelons a disparu sous une croûte jaunâtre et blanchâtre qui recouvre une partie de son sein et qui semble la faire souffrir et l’incommoder. Elle a choisi d’exposer ses meurtrissures à la face des passants pour crier son besoin d’aide. Pendant ce temps-là, des femmes dévoilent leur poitrine par pur plaisir ou par fierté d’être si bien pourvues par la nature.
Un peu plus loin, à la station de Delmas 65, une femme visiblement malade et aux prises avec des douleurs est malhabilement soutenue par deux hommes. Elle peine à tenir debout. Ses « ambulanciers » improvisés l’emmènent à l’hôpital dans l’inconfort d’une camionnette publique. Il n’y a pas de service de transport adapté à sa condition. Sur toute la longueur du boulevard, des femmes marchent en traînant derrière elles des enfants aux cheveux roussis par la malnutrition.
Dans toutes les rues, les femmes se démènent pour recueillir quelques gourdes pour nourrir leur famille. Sous le soleil toujours cuisant, elles portent de lourdes charges sur leur tête et parfois même des glacières. À la maison, que dis-je, dans leurs taudis, elles doivent encore cuisiner, s’occuper des enfants et de leur mari qui, trop souvent, les maltraite. Il y a même des fouets, des « rigoises » - pardonnez-moi, j’écris mal le créole -, qui sont destinés aux femmes. Un marchand en vendait sur la place du Champs de Mars.
Des mesures, dit-on
Les femmes victimes de viol et d’agressions sexuelles se verront octroyer des certificats médicaux gratuits « dans les meilleurs délais », a assuré mardi la directrice de la protection de la défense des droits des femmes, Denise Amédée. Les délais ne sont-ils pas plus urgents que ceux du lancement d’une campagne de sensibilisation ?
Une ligne téléphonique disponible 24/24 sera opérationnelle en janvier 2008 pour aider les victimes de violence. On leur offrira un service d’assistance et de conseils. Leur donnera-t-on aussi les moyens de fuir leur foyer de violence ? A-t-on prévu des lieux pour les recevoir et les protéger contre leurs bourreaux ? Et ceux-là, qui va les éduquer à cesser de traiter leurs femmes comme des moins-que-rien ? Qui va leur apprendre à respecter la mère de leurs enfants ?
Les jeunes femmes peuvent bien se dénuder si ça flatte leur égo. Leur attitude ne devrait pas ébranler les gens plus que la misère de ces autres femmes dignes qui mènent un combat quotidien pour vivre mieux. Les pays occidentaux peuvent se permettre de s’attarder sur ces problèmes. Leurs citoyens vivent décemment, leurs sociétés évoluent, leurs richesses sont innombrables. Que dire d’Haïti ?
S'abonner à :
Publier des commentaires (Atom)
1 commentaire:
Oi, achei seu blog pelo google está bem interessante gostei desse post. Gostaria de falar sobre o CresceNet. O CresceNet é um provedor de internet discada que remunera seus usuários pelo tempo conectado. Exatamente isso que você leu, estão pagando para você conectar. O provedor paga 20 centavos por hora de conexão discada com ligação local para mais de 2100 cidades do Brasil. O CresceNet tem um acelerador de conexão, que deixa sua conexão até 10 vezes mais rápida. Quem utiliza banda larga pode lucrar também, basta se cadastrar no CresceNet e quando for dormir conectar por discada, é possível pagar a ADSL só com o dinheiro da discada. Nos horários de minuto único o gasto com telefone é mínimo e a remuneração do CresceNet generosa. Se você quiser linkar o Cresce.Net(www.provedorcrescenet.com) no seu blog eu ficaria agradecido, até mais e sucesso. If is possible add the CresceNet(www.provedorcrescenet.com) in your blogroll, I thank. Good bye friend.
Publier un commentaire